Suite à la polémique et au vent d'indignation du à un lien sur mon Facebook vis à vis du mariage pour tous, j'ai promis de clarifier ma position.
Voici donc ma réponse sous la forme d'une lettre ouverte à mon frère Ulrich:
« Lettre ouverte à mon frère de gauche,
La France a récemment adopté l’ouverture au mariage aux couples homosexuels, rattrapant son retard et devient le 14ème pays à adopter cette loi et le 9ème européen. Tout comme toi à une époque, je m’en serai réjoui. Nous en faisions un cheval de bataille, combattant l’hydre de la persécution sur le cheval de la liberté et à l’époque on galopait.
Au fond, c’est un aboutissement d’une pensée, une victoire pour un groupe qui subit des humiliations et des massacres inadmissibles dans certains coins du monde. En ce sens l’Etat Français reconnaît la légitimité des choix de ces personnes et c’est un geste fort pour ce monde que j’aurai pourrai soutenir totalement.
En ce sens j’aurai pu être en tête des cortèges scandant et soutenant aveuglément une cause humaine contre l’oppression. Pourtant au fond de mon cœur résonne une voix qui me dit « ceci n’est pas une solution », ma conscience me met en garde contre cette loi et la logique qui en suivra.
Ca n’a pas été un choix facile.
Le poids du passé, la lourdeur de la solidarité politique étouffaient ma liberté de conscience. Quelque chose me gênait mais je n’arrivais pas à poser les mots dessus. Il a fallut que je passe beaucoup de temps à réfléchir à méditer pour aboutir à une conclusion qui ressemblerait à de la trahison mais qui honnêtement me parait être plus en accord avec l’ensemble des principes fondamentaux que nous défendions à notre époque : notre humanité et notre dignité.
A contrario, comme un équilibriste, je me souvenais de ce que je devais à des homos, ce qu’ils m’avaient apporté, comment ils m’avaient aidé à grandir.
Je ne peux que leur être reconnaissant leur dire merci du fond du cœur.
Et comment pourrais-je manifester avec Frigide Barjot et surtout le front national ?
MOI à côté de Marine le Pen, de Collard ?? Mais plutôt crevé !
Jamais ! c’est pour cela que je ne me suis pas rendu sur ces cortèges : par respect envers moi-même envers mon parcours, envers ces gens que j’aime mais que je vois malheureusement peu.
Comment pourrais-je être homophobe ? Poujadiste ? Militant du GUD ? MOI ! Gilles de Caevel.
Je n’en ai pas le droit. Je n’ai pas le droit de ressentir de la haine.
Ce n’est pas humain, encore moins chrétien.
Tu as été choqué par ce lien, je suis très affecté par ces propos.
Alors point par point, j’aimerai te prendre par la main et que tu suives mon raisonnement. Que tu l’approuves ou non n’est pas un souci mais que tu l’acceptes comme moi j’accepte le tien me tiens plus à cœur. (Si je peux me permettre cette utilisation accrue du verbe tenir)
En premier point, posons cette question suis-je ou non homophobe ?
Si je t’avais en face de moi, je te poserai cette question droit dans les yeux.
Mais apparemment il faut passer par ce mea culpa. Je pose cette question malheureusement par écrit et je te laisse libre de la réponse.
Je dis apparemment parce que ce débat a très vite opté pour cette option ; « tu es contre le mariage pour tous, tu es homophobe. » partout sur mon mur facebook, sur les journaux, dans la rue, dans ta tête, sous tes yeux. Cette prise de position s’impose et le débat se résume à cela.
Je dis NON !C’est du holp up intellectuel. On prive les gens de réflexion. On se doit à un peu plus de discernement.
J’aurai voulu qu’on s’écoute calmement, qu’on ait une réflexion démocratique pacifique.
La question du mariage gay est vaste et mérite que l’on s’y attarde un peu même si d’autres problèmes sociaux économiques en valent aussi la peine. Il faut reconnaître que cette question a vraiment accaparé les esprits. Vois où l’on en est.
Je ressentis pour les autres qui voulaient un débat, une violence (et je pèse mes mots) insupportable. C’était des moqueries des sites entiers en ordre de bataille, caricaturant, vociférant anéantissant un début de débat, j’en ai perdu une amitié qui m’était cher.
Note bien que je ne suis pas garant du mouvement des antis, ils ont eu des débordements inqualifiables et surmédiatisés. D’un autre côté, j'ai aussi vu des débordements innommables de l’autre. La haine a répondu à la haine. C’est le débat le plus malsain au niveau national qu’il m’ait été donné d’assister.
Je voudrai par respect envers des gens qui n’ont pas pour habitude de manifester ou pour le gros des français qu’il n’y a pas que des « méchants » d’un côté et des « gentils » de l’autre.
Nous sommes suffisamment adultes pour répondre calmement car c’est un point que je trouve important.
Donc, suis-je ou non homophobe ?
répondons à cette question par le biais d'autres questions.
A la question : les homosexuels ont-ils les mêmes droits que le reste de la population.
Je te réponds OUI !
Étonnant non ?
Si deux personnes ont choisi de vivre ensemble et ce toute leur vie. Il est légitime que la personne qui se retrouve veuf ou veuve puisse bénéficier des mêmes droits à la succession que le reste de la population. Après tout si elle paie ces impôts s’acquitte de ses devoirs, pourquoi s’opposer à cela ? Le contraire est une discrimination intolérable et injustifiable. On ne laisse pas les gens dans la rue.
Si deux personnes ont choisi de vivre ensemble et ce toute leur vie. Il est légitime que les deux paient les mêmes impôts que le reste de la population.
Ce qu’il se passe chez eux, ne concerne qu’eux. Je ne vois rien de condamnable la dessus.
Je te dis cela encore en mon âme et conscience.
A la question : reconnais-je la possibilité de deux hommes ou de deux femmes à élever convenablement des enfants.
Je réponds OUI !
Là je déroute. Te dis-tu ?
Mais comment pourrais-je dire autrement ?
Tant que l’enfant grandit dans un milieu stimulant, il n’y a aucune raison qu’il ne trouve pas ses repères et grandisse convenablement.
Tu connais mon histoire, vieux frère. Orphelin de père depuis ma prime enfance, je n’ai jamais grandi dans l’exemple prôné par les « Anti » Un enfant = un père + une mère.
Je ne peux pas en mon âme et consciente soutenir que cette équation est la source invariable du bonheur familial. C’est idiot.
Mais à fortiori, de la même manière, je ne peux pas affirmer « mieux vaut un mariage gay qu’un mariage triste ». C’est tout aussi stupide.
Ces gamins sont élevés par des êtres humains, donc faillibles. Je n’ai pas eu que des jours beaux avec ma mère, j’en ai eu des merveilleux, c’est pareil pour eux.
J’en conclus donc que maintenant, ils seront libres de faire exactement les mêmes conneries que les hétéros.
Pourtant, je dis toujours, NON.
Tu es l’une des personnes les plus intelligentes que j’ai eu la chance de connaître, tu vois bien où je veux en venir et où je bloque.
Or nous parlons de mariage. Un mariage est un mariage, nous n’allons pas optés pour différents mariages selon les préférences de chacun. C’est ridicule et discriminant.
Paradoxale position que de justifier un fait que l’on juge discriminant par la dénonciation de celui-ci.
Mais voilà, dans une situation que demande TOUT ou RIEN, je ne peux pas me permettre d’un « oui, mais… »
C’est hypocrite et cela a aussi participé à mon fermage de gueule, tout le long du « débat ».
Personnellement, le premier point intellectuel sur lequel j’ai bloqué a été celui de l’histoire.
Reconnaissant et tu ne me diras pas le contraire, la question de l’homosexualité n’est franchement pas nouvelle, un peu redondante tout de même.
A contrario, la question « d’un mariage pour tous » ne s’est jamais vu ailleurs dans l’histoire des civilisations qu’aujourd’hui, (sauf peut-être dans quelconque tribu d’Amazonie, ou je ne sais où : en tout cas dans le cadre d’une civilisation ayant une législation écrite, je n’en connais aucune. Pourtant les grecs anciens étaient pour le moins ouverts sur ce sujet mais aucune trace de mariage. Peut-être n’ai-je pas été assez attentif en cours.)
Mon point n’est pas de justifier une interdiction quelconque par un manque d’exemple historique, mais plutôt j’aimerai dire puisse que nous n’avons pas d’exemple à proprement parlé ne pourrions-nous pas prendre le temps de la réflexion. Il s’agit d’appliquer un modèle sur lequel nous n’avons pas aucun exemple à très long terme et ce à toute une nation. C’est une sacrée responsabilité, je me trompe ?
Le seul exemple sur lequel nous pouvons nous appuyer est celui des Pays-Bas, cela ne fait que depuis 2001 que la loi sur le mariage pour tous a été adoptée là-bas. 10 ans… ce n’est rien et c’est pour cela que le débat était important.
Du coup, je suis plongé dans la perplexité quand je vois la vitesse à laquelle le gouvernement a fait passer cette loi et avec quelle précipitation les Etats démocratiques s’engouffrent tous dans cette brèche.
Il m’en vient à me demander, "pourquoi?"
Je suppose qu’à ce niveau de lecture, tu as compris le pourquoi de mon opposition, mais je te tiens toujours la main et je te dis ce mot : Filiation.
Cette conséquence entrave ma conscience.
Si nous avions été homosexuels, si nous avions fait choix hypothétique d’être ensemble, je ne sais pas comment vécu un tel cas de conscience, car quatre mots me dérangent : P.M.A, mères porteuses Adoption.
Puisse que le mariage pour tous a été voté, les questions liées à ces quatre mots vont légitimement s’imposer. Et puisse que le mariage est fondamentalement en question avec la filiation, il faut reconnaître un point tout aussi incontournable dans le débat et ce n’est pas raciste que de dire cela que deux homosexuels ne peuvent avoir d’enfants biologiquement parlant : ils ne peuvent procréer.
D’un point de vue philosophique, je ne considère pas le corps ni comme une entrave ni comme un handicap. Le corps est simplement ce qui fait de nous des êtres humains. Ce n’est pas une erreur, pas un fardeau. C’est simplement nous, dans notre dignité, comme dans nos perversions, dans nos erreurs comme dans notre héroïsme. La nature opte pour différentes solutions nous apprenons à vivre avec dans le court lapse de temps qu’il nous est imparti mais c’est nous qui faisons nos choix, l’erreur n’est pas en ce sens naturelle mais elle est au crédit de l’humain.
Je pose cette base philosophique et humaine.
Je sais qu’aujourd’hui, cette base n’est plus si évidente.
Sur la question de l’égalité qu’il y a en découle. J’aimerai pouvoir dire, il devrait y avoir une égalité des droits vis-à-vis des couples « hétéros ». Sur ce point, philosophiquement, je bute parce que si l’approuve cet accord de principe, j’accepte des choses qui dans la réalité me posent un réel problème éthique.
Donc, et je vais essayer d’être le plus neutre possible, quand on est dans une situation d’union stérile, ce sont les deux possibilités pour obtenir une descendance. La solution de l’adoption est plus nuancée que celle de la P.M.A, il faut le reconnaître. Mais je ne lui en reconnais pas moins de difficulté.
Nous allons développer point par point.
Prenons nous en exemple. Imaginons Ulrich que toi et moi soyons en couple. De ce postulat, imaginons encore que nous n’ayons pas eu de descendance naît en dehors de cette union. Imaginons de plus que nous désirions un enfant ou plusieurs, soyons fous (je sais que tu en mourrais d’envie mon salaud).
Maintenant c’est possible. Or comment l’obtenir ?
Solution numéro 1 l’adoption.
Dans le cadre français, il y a la DDASS, ça tu le sais.
Il faut rappeler que le nombre d’enfants à adopter est bien inférieur au nombre de couples demandeurs. Dans ce cadre, l’égalité « homos » « hétéro » est justifiable. C’est vrai qu’avant le passage de la loi, un couple hétéro pouvait adopter et les couple homos non. C’était étrange. Les critères de sélection pour l’adoption étant restrictif, le nombre d’orphelins étant bas dans notre pays, Beaucoup se tournent vers l’international.
Dans le cadre international, toi et moi le connaissons bien.
Au Cambodge, tu te souviens, pour adopter, il faut se rendre à un orphelinat, choisir un enfant et faire un « don » à l’institution. Tous les enfants dans ces instituts ne sont pas forcément orphelins, certains ont été carrément vendus par leurs parents pour des raisons purement pécuniaires. Il suffit de voir « holy lola » pour se rendre compte de cette situation, de se rendre compte de la concurrence effroyable que se livrent les adoptants pour obtenir un enfant, c’est une jungle inhumaine se concluant par une épreuve psychologique d’importance qui veut que ces mêmes futurs parents de se rendent compte qu’ils vont devoir « acheter » leurs enfants.
Le « don » après fluctue selon l’offre et la demande. Quand Angelina Jolie est venue au Cambodge pour adopter son fils, les prix se sont envolés.
Chaque pays à sa législation en la matière mais si tu te souviens de nos conversations à cette époque, nous étions d’accord pour trouver le « marché » révoltant car il prive la nation de sa force vive au profit de celle de l’adoptant.
Un marché... mettre un prix sur une vie... Le mariage gay n’est pas à l’origine de cela mais il y contribuera en des proportions notables.
C’est une situation à laquelle je ne voudrai pas être confronté.
Solution numéro 1 bis nous avons eu des enfants hors union.
Dans le cadre où en nous mettant en couple tu me dises : « j’ai eu un enfant ailleurs » (salaud tu as connu des gonzesses avant moi).
Cela représente en France la majorité des cas. Si les parents homos ont élevé le ou les enfants d’un conjoint et forment ensemble une famille recomposée. Il serait injuste que l’un des parents soit lésé de ses droits en cas de décès de son conjoint et qu’il perde tout droit sur l’enfant. C’est une situation inacceptable.
Pour autant, le point où je bloque vient du modèle hollandais. Dans un pays ou 25000 enfants vivent dans le cadre d’une « famille rose », il n’y a aucune reconnaissance juridique pour les beaux-parents ni pour un donneur de sperme par exemple. La solution toute trouvée par les travaillistes et les libéraux est d’offrir une reconnaissance officielle d’une troisième personne ou plus comme parents d’un même enfant.
Quel cadre cela offre t’il à l’enfant ? Quelle stabilité cela lui offre t’il? Au point de vue juridique, on est à deux pas du mariage à trois. C’est ce modèle de société que l’on veut ?
Ce n’est pas de la science-fiction. C’est un modèle qui a dix ans d’avance sur nous.
Nous en sommes donc pas à l’abri que cette éventualité soit discuté en France dans les prochaines années à venir.
Le problème s'épaissit si on prend en compte que certaines nation peuvent interdire l'adoption de leur orphelins aux couples homosexuels comme Poutine l'a annoncé en Russie. La solution trouvée pour pallier à cette problématique est donc celle-ci.
Solution numéro 2 la P.M.A. mère porteuse.
C’est là que je bute littéralement.
La procréation médicalement assisté.
Aujourd’hui, elle est encore interdite en France. Mais pour combien de temps ?
On me répondra que son prix est exorbitant. En cours d'économie, j'apprenais que la hausse de la demande fait baisser les prix et on peut créer des tas d'aides financières via l'état ou par des instances privées pour accéder à un service médicale hors de prix.
Si un couple homosexuel peut se permettre d’avoir des enfants de leur sang, pourquoi s’en priverait-il ?
Je trouve personnellement cette méthode dégradante.
Il s’agit pour le couple homo, d’aller voir une femme homosexuelle ou non, pour lui demander qu’elle porte leur enfant. D’un point de vue logique, vu les neuf mois où son corps sera mobilisé, il faudra subvenir à ces besoins, la payer pour le temps et les efforts qu’elle fournira. Pour lui demander au final de renoncer totalement à ces droits sur l’enfant ou tout du moins à une grande partie. Or dans ce cas si toutes les femmes ne le font pas ou n’accepte pas, certaines en font leur source de revenu, ca se voit aux États-Unis.
Pour féconder ses femmes, on passera obligatoirement par une fécondation in vitro, et si on a les gènes à porter de mains on peut accroître artificiellement le nombre de jumeaux par exemple.
Et où ça s’arrêtera ?
Aucune mère ne pourrait affirmer qu’elle peut laisser une vie grandir en elle sans que cela ne l’affecte.
Le ventre de la femme n’est pas des mains de travailleuses. Quand j’entends Mr Bergé dire des horreurs pareilles, c’est une dégradation complète de la femme. Comment on peut être de gauche et soutenir et légiférer sur la construction d’un marché aussi scandaleux.
C’est contre tous nos principes, contre tout ce qui a animé notre engagement politique contre nos valeurs éthiques et contre notre humanité.
Et il ne faut pas me faire croire que c’est juste un con qui a dit une connerie en passant. Mais c’est une tendance qui se vérifiera. Quand j’entends M.Lloyd Blankfein (président de goldman and sachs) dire « gay marriage is good business » ce n’est pas un hasard. Ne me fais pas croire qu'il ne parle que d'un boum des robes de mariées. C’est que derrière ça, la P.M.A va couler de source que derrière cette pratique onéreuse se cachera un marché répugnant qui avilie la femme à un rôle de pondeuse.
JE DIS NON !
Je ne me suis pas battu contre ça, je ne veux pas voir cela pour mes enfants, je ne veux pas qu’on regarde nos mères comme des poules.
Oui ça me révolte.
Oui je préfère dire non au mariage gay non pas parce que je suis homophobe mais parce que je redoute les conséquences celui-ci.
Je préfère renoncer à des principes qui m'ont été chers si je trouve qu'en pratique le prix à payer pour celles-ci est trop élevé.
Je suis avec ces gens qui comprennent qu’un enfant ce n’est pas un droit mais une responsabilité, je suis avec ces gens qui comprennent que quelque chose se trame derrière un horizon de belles promesses.
Ce ne sont pas pour la plupart des gens haineux, juste des gens inquiets.
J’aimerai que l’on n’ignore pas cette inquiétude et que l’on ne la réduit pas à de la phobie.
Déjà que l’adoption est difficile mais la P.M.A est injustifiable à mes yeux.
Imaginons juste un instant qu’une mère porteuse vienne à mourir que son ou sa conjoint n’a eu d’enfant pour elle (lui), il risque d’y avoir des tensions effroyables lorsqu’elle réclamera ses droits sur tous les enfants et ce n’est qu’un exemple.
Quelque chose sonne faux.
Nous sommes en train d’assister à la construction brique par brique d’une nouvelle société et personne n’a la moindre idée de ce que cela va donner.
Je vais arrêter de faire ma Cassandre. Je n’ai pas de boule de cristal. Si ça se trouve, je me trompe.
Mais si ce n’est pas le cas… Ce que je sais c’est que le mariage gay créera des situations nouvelles et que les conséquences de celles-ci sont à mes yeux incalculables.
Je ne crois décemment pas que cela créera un monde meilleur pour nos enfants, je crois plutôt que ça le rendra plus difficile pour certains. Enfin je me trompe peut-être comme je te dis, je n’ai pas la science infuse.
Maintenant quant au pourquoi de ce lien posté sur facebook.
J’avoue que j’ai été loin de penser que ce lien allait autant faire parler de lui. Après tout, j’en posté énormément et surtout des liens me concernant, vu que ceux-ci ne suscitent en règle général que peu d’intérêt dans mon auditoire. Je pensais que celui-ci n’aurait pas dérogé à la règle.
Mon erreur est de ne pas avoir affirmé mes points de convergences tout comme mes points de dissensions.
La première divergence : le ton.
Haineux dans l’introduction. On sent que le type a du mal à encaisser la défaite. Je passe outre cela, ce qu’il m’a vraiment intéressé se résume aux 10 points abordés. Je vais faire vite parce que je fatigue et je me sens un poil plus cynique.
1er point : c’est qu’on retiendra que la gauche estime que la rue n’a pas à gouverner.
C’est pas nouveau, donc divergence.
Ce n’est pas la première fois que la gauche tait la parole de la rue. Toi, moi les sans-papiers s’en souviennent encore. Je ne sais pas d’où vient ce mec mais il tombe un peu des nues.
2eme point : on peut être de gauche et applaudir les CRS sans sourciller.
Ça se résume un peu au premier point non ? Divergence.
3eme point : c’est que quand un thème est dans le programme du candidat élu, il n’a pas à être discuté.
Effectivement c’est difficile de dire le contraire. Hollande avait promis un grand débat de société. Je ne l’ai pas vu. J’ai vu deux camps se livrer une guerre sans merci autour de quolibets de sarcasmes et de caricatures et hollande piétiner ce débat vers la fin. Cela dit j’en rejette la faute en grande partie à la droite qui n’a pas su organiser elle non plus un projet alternatif concret. On récolte ce que l’on sème et on passe l’hiver à se geler les miches quand on a rien foutu.
4eme point : c’est qu’on peut dire « A » un jour et « B » le lendemain le plus naturellement du monde.
Que la gauche utilise une arme parlementaire voté par le camp adverse pour son propre compte et inversement. Oui c’est de la politique parlementaire.
5eme point : c’est qu’on peut dire les pires atrocités du monde dans l’indifférence générale.
Et on peut même le soutenir! Je ne peux que dire oui.
En effet, l’amalgame a vite était fait sur ceux qui sont contre le projet de lois et les homophobes. Loin de moi de faire de l’angélisme gratuit, chaque camp a ses casserolles, je l’ai dit… agressions homophobes d’un côté… femen de l’autre. Honnêtement quelqu’un peut me dire ce qu’elles apportent au débat ?
6eme point : c’est qu’on n’oubliera pas qu’une fois de plus, la presse française a choisi son camp tout au long du débat.
Et c’est vrai. Honnêtement, à chaque fois que j’ouvrai ma page facebook ou un quotidien, j’avais l’impression de passer pour un monstre. Il y a une vrai connivence entre les médias et le pouvoir, je ne suis pas sûr que la démocratie a quelque chose à y gagner.
7eme point : c’est qu’une pétition recueillant 700 000 signatures peut être jugée irrecevable.
La droite ne se serait pas privée de cracher sur une pétoche. Pas non plus se leurrer. Divergence.
8eme point : c’est le dédain, le mépris, le sectarisme du socialisme qu’on a vu à l’oeuvre ici.
La droite n’en est pas exsangue non plus. Faut pas rire.
9eme point : c’est qu’on peut engager de grandes réformes sans se soucier d’ouvrir un débat citoyen sur ces questions.
Si en effet la droite a mis le plus de bâtons dans les roues contre ce projet de lois à l’assemblée, c’est une chose. Si on ne peut avoir un référendum sur une réforme sociétale, c’est étrange. Pour le coup, je ne crois pas que l’idée d’un référendum sur ce sujet m’aurait semblé illégitime. Je ne vois pas pourquoi une question comme celle-ci puisse être approuvé par l’assemblée et non par le peuple directement. Bizarrement, autant une problématique sur la question d’une constitution européenne peut sembler hardue pour le commun des mortels, autant une question sociétale comme celle-ci me plus vraisemblable à mettre en œuvre. Je ne suis pas un spécialiste de la constitution, mais bon.
10eme point : La dixième chose à marquer d’une pierre blanche, c’est qu’un feu s’est allumé, qui ne s’éteindra pas.
Oui mais là faut appeler au calme mon petit père.
Maintenant, suis-je le jouet de la droite ?
Combien de temps allons-nous encore brandir l’épouvantail de l’extrême droite avant de pouvoir nous même réfléchir ?
Aujourd’hui, la droite est aussi hypocrite que la gauche, il suffit d’observer l’exemple espagnol ou l’exemple hollandais. Hier en Espagne, l’église et la droite avaient pris la tête de l’opposition contre le mariage pour tous. Aujourd’hui, l’une comme l’autre, se taisent conjointement sur ce sujet, au contraire pour la droite espagnole, il n’est guère question de revenir là-dessus. Dans le même exemple en Hollande, l’extrême droite soutient le mariage gay. Le leader de l'extrème droite hollandaise Pim Fortuyn était un gay souviens-toi en. La droite française ne fera pas mieux et suivra leurs exemples. Ce ne fait pas l’ombre d’un doute pour moi.
Est-ce que je me bats pour la droite non. Je ne l’ai jamais fait, j’ai par contre eu bien l’impression que ma famille politique s’est battue contre moi.
Enfin, si mon fils ou ma fille m’annonce qu’il est homo et qu’avec son copain sa copine, il ou elle veut avoir un enfant. Qui suis-je pour m’opposer à lui ? Qui serai-je pour ne pas faire autre chose que l’aimer ? Je pourrai simplement aujourd’hui le regarder en face (dans l’hypothèse qu’il vienne enfin au monde) et le mettre en garde sur les choix qu’il devra affronter.
Par définition, c’est ça le rôle d’un père. Aimer ses enfants, les protéger tant que c’est possible et les laisser mener leur vie.
Mais putain j’espère qu’ils ne diront pas autant de conneries que moi.
Voilà j'espère avoir répondu à tant tes interrogations qu'à tes inquiétudes. »